Bricks
La séance qui apprend à vos jambes à changer de discipline en pleine course.
Si vous n'avez jamais entendu ce terme, un brick deviendra probablement l'une des séances les plus utiles de votre entraînement de triathlon.
C'est également l'une des rares choses que vous ne pouvez pas vraiment remplacer en faisant simplement davantage de natation, de vélo ou de course à pied séparément.
Un enchaînement apprend à votre corps à faire quelque chose qui ne se produit qu'en triathlon : passer d'une discipline à une autre alors que vous êtes déjà fatigué.
Qu'est-ce qu'un enchaînement, exactement ?
Un enchaînement est une séance d'entraînement durant laquelle vous réalisez deux disciplines du triathlon à la suite, avec peu ou pas de pause entre les deux.
La version la plus courante consiste à passer directement du vélo à la course à pied, même si les enchaînements natation-vélo peuvent également être utiles.
Le nom vient de la sensation elle-même : vos jambes peuvent avoir l'impression de s'être soudainement transformées en briques pendant les premières minutes de course après le vélo.
Cette sensation n'est pas simplement une impression.
Le vélo et la course utilisent beaucoup des mêmes muscles, mais selon des schémas de mouvement différents. Vous passez également d'une position cycliste assise et relativement soutenue à une posture debout pour courir.
Ce changement soudain peut donner une sensation de jambes lourdes, maladroites ou désordonnées pendant que votre corps s'adapte.
C'est cette sensation de « jambes en gelée » dont presque tous les triathlètes se souviennent lors de leurs premières séances vélo-course.
Pourquoi est-ce important ?
Voici ce qui différencie les enchaînements de la course à pied classique : vous ne pouvez pas reproduire complètement la sensation de courir après le vélo simplement en devenant un meilleur coureur.
Le défi ne concerne pas uniquement votre condition physique en course à pied. Il s'agit de s'adapter au changement soudain de mouvement, de posture et à la fatigue accumulée.
Si vous négligez les enchaînements, la première fois que vous ressentirez cette sensation pourrait être en plein milieu de votre véritable course.
Des séances régulières d'enchaînement vous aident de trois façons importantes :
- Adaptation physique. Votre corps s'habitue davantage à changer de schéma de mouvement, ce qui rend la transition plus naturelle avec le temps.
- Familiarité mentale. Lorsque vos jambes vous sembleront étranges le jour de la course, vous reconnaîtrez la sensation au lieu de penser que quelque chose ne va pas.
- Répétition de la course. Vous pouvez pratiquer le changement de chaussures, prendre votre nutrition et trouver votre rythme de course tout en portant déjà la fatigue du vélo.
Comment faire — un point de départ pour débutants
Vous n'avez pas besoin de commencer par une séance longue ou intense.
Un premier enchaînement raisonnable pourrait être :
- 20 à 30 minutes de vélo tranquille, principalement sur terrain plat
- Immédiatement suivies de 10 à 15 minutes de course à pied facile
Gardez une intensité faible.
À ce stade, l'objectif n'est pas d'améliorer votre vitesse maximale. Il s'agit d'apprendre à votre corps ce que procure ce changement de discipline.
Vos premières minutes de course peuvent sembler étonnamment maladroites. C'est précisément le but de la séance.
Comment progresser
Une fois que la transition de base commence à vous sembler familière, vous pouvez progressivement rendre vos enchaînements plus spécifiques à votre course.
- Commencez par un enchaînement tous les 7 à 14 jours. Lorsque vous débutez, vous n'avez pas besoin de plusieurs séances d'enchaînement chaque semaine.
- Augmentez une seule variable à la fois. Allongez progressivement la course ou introduisez davantage d'intensité spécifique à la compétition plutôt que d'augmenter tous les paramètres simultanément.
- Progressez jusqu'à 20 à 30 minutes de course après le vélo. À l'approche de votre course, des séances vélo-course plus longues peuvent vous aider à être de plus en plus à l'aise pour courir avec les jambes fatiguées.
- Rendez les séances plus spécifiques à la course. À l'approche du jour J, vos enchaînements peuvent progressivement reproduire le type d'effort à vélo et l'allure de course que vous utiliserez réellement en compétition.
Vous n'avez pas besoin de transformer chaque enchaînement en simulation de course.
La majeure partie de votre entraînement doit rester simple et contrôlée. L'intérêt vient de l'exposition répétée de votre corps à cette transition.
Quelques points importants à connaître
- La fatigue est normale. Vos jambes peuvent sembler inhabituellement lourdes après un enchaînement, surtout lorsque vous débutez. Cela fait partie du processus d'adaptation. En revanche, une douleur ou un épuisement excessif sont des raisons d'arrêter et de réévaluer la séance.
- Pratiquez votre transition. Disposez votre équipement comme si vous participiez à une véritable course. Un enchaînement est l'occasion de pratiquer le changement de chaussures, de prendre votre ceinture de course et de vous mettre en mouvement efficacement.
- Ne négligez pas l'échauffement. Même si la séance est relativement courte, il reste important de bien vous échauffer avant la partie vélo.
- Ne vous précipitez pas vers les enchaînements sur distance complète. Construisez d'abord une base solide avec un entraînement régulier en natation, à vélo et en course à pied. Les enchaînements sont plus exigeants que leur durée relativement courte pourrait le laisser penser.
L'objectif n'est pas de rendre chaque enchaînement plus difficile.
Il s'agit de rendre la transition de plus en plus familière.
Le jour de la course, passer du vélo à la course à pied ne devrait plus donner l'impression de vivre quelque chose de totalement nouveau.